Le compteur Linky suscite encore des questions au comptoir, toujours à peu près les mêmes : est-ce qu’il espionne ma consommation, et à quoi sert-il vraiment au-delà du relevé automatique ?
Ce que le compteur mesure réellement
Le compteur Linky, déployé par Enedis sur la quasi-totalité du territoire, enregistre la consommation électrique du logement à intervalles réguliers et transmet ces données à distance, ce qui met fin aux estimations et aux relevés physiques annuels. Il produit ce qu’on appelle une courbe de charge : l’évolution de la puissance appelée par le logement heure par heure, voire à un pas de temps plus fin quand l’option est activée. C’est cette courbe qui permet, par exemple, de repérer un appareil qui consomme anormalement la nuit, ou de vérifier si un contrat en heures creuses est réellement rentable au vu des habitudes du foyer.
Ce qu’il ne dit pas
Contrairement à une idée répandue, le compteur ne sait pas quel appareil consomme précisément à un instant donné : il mesure une puissance globale, pas la signature de chaque équipement. Distinguer le réfrigérateur du lave-linge dans cette courbe demande un désagrégateur, un boîtier tiers, pas le compteur seul. Linky ne sait pas non plus, en tant que tel, si le logement est occupé ou vide : c’est une crainte qui revient souvent dans les discussions, alors que la donnée transmise reste une mesure de consommation globale, pas une surveillance d’activité.
La question de la vie privée, encadrée
La CNIL a publié plusieurs recommandations sur l’usage des données issues des compteurs communicants, notamment sur la durée de conservation des courbes de charge et le consentement nécessaire pour transmettre la courbe fine à des tiers, comme une entreprise qui commercialise un outil de pilotage énergétique. Par défaut, l’accès à la courbe de charge détaillée n’est pas automatique : l’usager doit l’activer, généralement depuis son espace client Enedis ou auprès de son fournisseur d’électricité.
La fin des coupures pour dépassement
Autre changement concret apporté par Linky : en cas de dépassement ponctuel de la puissance souscrite, le compteur ne coupe plus systématiquement le courant comme le faisaient certains anciens modèles. Il applique le plus souvent un délestage limité dans le temps, ce qui laisse une marge de manœuvre le temps de couper soi-même un appareil gourmand, un four ou un radiateur d’appoint par exemple.
Un outil pour ajuster sa puissance souscrite
Le principal bénéfice concret de Linky, pour un foyer qui veut réduire sa facture, reste de permettre un ajustement fin de la puissance souscrite. Beaucoup de contrats sont dimensionnés trop large par prudence, alors qu’une puissance plus juste, calculée à partir de la courbe réelle de consommation, allège l’abonnement sans rien changer au confort quotidien. C’est un réflexe simple à avoir avant toute renégociation de contrat, un sujet que je développe dans notre rubrique sur les factures d’énergie. Et pour les foyers qui envisagent des panneaux solaires, la courbe de charge est aussi la première donnée à regarder avant de dimensionner une installation, comme je l’explique dans notre rubrique dédiée aux équipements.




